Abreuvoir ou fontaine?

Abreuvoir ou fontaine?

Bulle linguistique numéro 26

Malgré des apparences de conservatisme, la langue française évolue. Des mots prennent d’autres sens. Nous le constatons surtout en informatique (virus, puce, souris). Certaines conjugaisons de verbes s’emploient moins (passé simple, subjonctif imparfait). Des orthographes se simplifient (clé pour clef, ognons pour oignons). Bref, ces modifications correspondent aux besoins des usagers et des réalités de différentes époques.

Au Québec, l’histoire de la langue française est jeune. Nos ancêtres défricheurs ou cultivateurs ont utilisé des mots qui correspondaient à leur mode de vie, mais aujourd’hui, ces mots ne décrivent plus la même réalité.

Demeure, domicile et résidence

Demeure, domicile et résidence

Bulle linguistique numéro 25

Nous sommes d’accord pour affirmer que ces trois mots désignent le lieu où quelqu’un habite. Ils sont en quelque sorte synonymes, mais avec certaines nuances.

DEMEURE

Bien sûr, il s’agit d’une habitation, mais ce mot tend à vieillir et, par conséquent, se révèle moins utilisé. Il se réfère souvent à une maison d’une certaine importance, d’un certain prestige.

Le verbe réfèrer s’emploie à la forme pronominale en français. Écrire « référer quelqu’un » est un anglicisme.

Résident ou résidant?

Résident ou résidant?

Bulle linguistique numéro 24

Quelle controverse autour de l’orthographe de ce mot! Les Québécois et les Français ont peine à s’entendent sur résident ou résidant. Voici quelques indications simples pour démêler le tout :

RÉSIDANT

Cette graphie possède deux significations :

  1. Le verbe (participe présent) : avoir son domicile en un lieu

Exemples :

  • En résidant à la cité universitaire, vous économisez argent et transport.

Comment écrire une adresse?

Comment écrire une adresse?

Bulle linguistique numéro 23

Au Québec, les normes d’écriture de la langue sont suggérées et régies par l’Office québécois de la langue française (OQLF). Ainsi, l’harmonie de certaines pratiques langagières s’adaptent au fur et à mesure de l’évolution des besoins.

Nous attirons votre attention sur l’écriture d’une simple adresse sur une enveloppe, sur une lettre. Nous observons, depuis quelque temps, une pratique qui, à notre avis, contrevient aux normes québécoises et qui consiste à inscrire le numéro de l’appartement avant le numéro civique.

Voici comment l’OQLF nous invite à la rédiger :

« Cela fait un an que je ne t’ai pas vu. » ou « Cela fait un an que je t’ai vu. »

« Cela fait un an que je ne t’ai pas vu. » ou « Cela fait un an que je t’ai vu. »

Bulle linguistique numéro 22

Combien de fois nous sommes-nous posé la question à savoir laquelle des deux phrases est correcte? Faut-il employer la négation ou non? Voici une explication simple :

« Cela fait un an que je ne t’ai pas vu » exprime une durée qui commence à un moment précis, celui de la dernière rencontre. La durée renvoie à un temps où l’action ne s’est pas produite.

Magazine ou revue?

Magazine ou revue?

Bulle linguistique numéro 21

MAGAZINE

Saviez-vous que magazine nous vient de l’arabe et signifie « amasser, regrouper »? Il a voyagé en Italie, en France pour former le mot « magasin », puis les Britanniques l’ont transformé en magazine. Notez que magazine s’écrit avec un z et non avec un s comme magasin.

Magazine désigne une publication périodique souvent illustrée ou une émission de radio ou de télévision lors de laquelle on traite de sujets divers.

Quant à ou Tant qu’à

Bulle linguistique numéro 20

Ces deux expressions sont souvent confondues parce que leurs sonorités se ressemblent, mais elles ont des significations différentes.

Quant à signifie pour ce qui est de, au sujet de, en ce qui concerne, à l’égard de, relativement à.

Exemples :

  • Quant à l’utilisation de l’ordinateur à l’examen, nous devrons en discuter.
  • Nous avons inséré l’ensemble des sujets à l’ordre du jour; quant au dernier point, nous le reportons à la prochaine assemblée.
  • Elle a répondu à l’invitation de son neveu par courriel.

À l’endos, au verso et au dos

Bulle linguistique numéro 19

À l’endos, au verso et au dos

Voici quelques précisions sur des mots qui désignent l’envers des choses :

À l’endos 

Cette expression s’emploie dans le langage commercial pour exprimer une mention inscrite au dos d’un chèque, d’un billet à ordre, d’une lettre de change, etc. Endosser nomme l’action d’inscrire son nom au dos du document pour le transmettre à quelqu’un ou à une institution bancaire.

Exemple :

  • Le secrétaire de cette association reçoit les chèques et signe son nom à l’endos avant de les déposer à la banque.

Pallier ou palier ?

Bulle linguistique numéro 18

Pallier ou palier ?

Non, mais quelle idée de désigner deux choses différentes par l’ajout ou le retrait d’une lettre!

Voilà bien un autre reflet de l’évolution de notre langue depuis cinq cents ans. Pour en finir avec la confusion, voici l’explication :

1. Pallier : verbe (origine latine : pallium qui signifiait dissimuler ou cacher)

D’abord apparu en médecine, ce mot signifie l’application d’un remède qui, sans guérir, atténue provisoirement les symptômes. Puis, par extension, nous l’utilisons dans plusieurs domaines.

Exemples :

Pamphlet, brochure, dépliant ou prospectus

Bulle linguistique numéro 17

Pamphlet, brochure, dépliant ou prospectus

Pierre Bourgault manipulait le pamphlet à merveille!

Pour les personnes qui se souviennent, M. Bourgault, tour à tour homme politique, professeur et journaliste au début des années 2000, s’en prenait parfois de façon virulente contre certaines idées. Il écrivait et prononçait des discours critiques : on le qualifiait de pamphlétaire.

Exemple :

– Ce journaliste excelle dans la rédaction de pamphlets.

Quant aux autres mots, souvent utilisés en publicité,