Abreuvoir ou fontaine?

Bulle linguistique numéro 26

Malgré des apparences de conservatisme, la langue française évolue. Des mots prennent d’autres sens. Nous le constatons surtout en informatique (virus, puce, souris). Certaines conjugaisons de verbes s’emploient moins (passé simple, subjonctif imparfait). Des orthographes se simplifient (clé pour clef, ognons pour oignons). Bref, ces modifications correspondent aux besoins des usagers et des réalités de différentes époques.

Au Québec, l’histoire de la langue française est jeune. Nos ancêtres défricheurs ou cultivateurs ont utilisé des mots qui correspondaient à leur mode de vie, mais aujourd’hui, ces mots ne décrivent plus la même réalité.

À titre d’exemple, deux mots retiennent notre attention. Au fil du temps, nous avons distingué l’abreuvoir pour les animaux et la fontaine pour les humains.

ABREUVOIR

Ce mot désigne un lieu, un point d’eau aménagé pour faire boire les animaux.

FONTAINE

Ce terme désigne un lieu, un point d’eau aménagé de façon à amener les eaux en un lieu défini pour l’usage des humains.

Ces deux définitions se ressemblent et pourraient très bien dénommer la même réalité, mais au fil du temps, nous avons attribué un vocabulaire spécifique aux humains et un autre aux animaux.

Donc, la prochaine fois que vous souhaitez boire de l’eau, c’est la fontaine qui étanchera votre soif et non l’abreuvoir.