Bulle linguistique no. 38

Auteure ou Autrice?

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Nous n’avons pas fini d’en découdre avec la question de la féminisation des titres et des fonctions. Depuis quelques années, l’Office québécois de la langue française nous suggère toute une nomenclature de féminisation. Par exemple, nous écrivons « Madame la députée », nous féminisons le mot « députée » ainsi que la « mairesse », la « professeure » et autres.

 

J’attire votre attention sur la controverse qui persiste autour des féminins « auteure – autrice ». Certaines personnes préfèrent l’un ou l’autre vocable sous prétexte que l’un est plus joli que l’autre.  Mais, si nous poussons plus loin la réflexion, nous constatons que le féminin « auteure » est aussi muet que le « e »! Or, « auteure » ne s’entend pas à l’oral tandis que « autrice » est perceptible à l’oreille. Cet argument explique le choix de « autrice ».

 

De plus, n’oublions pas que le mot « autrice » est bel et bien le féminin de « auteur » au même titre que « actrice, spectatrice, compositrice, etc. ». La résistance à adopter « autrice » provient d’une longue histoire d’acceptation des femmes dans toutes les sphères de la vie publique.

 

Historiquement, une femme qui écrivait était : « femme auteur » puis elle est devenue

« auteur », sans marque du féminin et depuis quelques années, elle devient « auteure ou autrice ».

 

Espérons que la prochaine décennie précisera davantage la féminisation!