BULLE LINGUISTIQUE NUMÉRO 2 PRÉSENTÉE PAR DIANE GOUSSE :

AVEZ-VOUS DE LA MISÈRE
AVEC LE MOT « MISÈRE »?

« Misère de misère » disaient les anciens à la vue du travail à accomplir pour s’installer sur les terres. À l’arrivée des Français au Québec, ils devaient défricher, dérocher et exécuter un ensemble d’opérations avant même de passer à l’agriculture. À l’époque, ils vivaient de la misère, de la grosse misère, car les instruments aratoires et de défrichages relevaient des moyens rudimentaires; sans compter la lutte contre le froid.

Avez le temps, le mot « misère » s’est incrusté dans le vocabulaire, mais que signifie-t-il vraiment?

Le dictionnaire « Le Grand Robert » le définit comme suit :
« Ce qui rend le sort de quelqu’un digne de pitié; événement malheureux, douloureux, pénible. ➙ Calamité, chagrin, disgrâce, malheur, peine »

Pour décrire ou exprimer les contrariétés, les tracas, nous suggérons les mots : « difficulté, problème, ennui, etc. »
Le mot misère suggère une intensité de souffrance importante.

Au lieu de :

– Ah! j’ai de la misère avec mon ordinateur.
– Ma voisine éprouve de la misère à joindre sa fille au téléphone.

Nous suggérons :

– Ah! j’ai des problèmes avec mon ordinateur.
– Ma voisine éprouve de la difficulté à joindre sa fille au téléphone.

Mais, si cela vous fait du bien, et que « misère de misère » exprime vraiment ce que vous ressentez : à vous de choisir!